HEADS : SAMUEL PARTAIX

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Par Nicolas Malinowsky.

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Il y a 4 ans, je croisais un jeune rideur dans un park couvert de la banlieue tourangelle. C’était son spot local : il en retournait chaque recoin avec un style très éloigné de la tendance de l’époque. J’étais tellement impressionné que j’avais déballé tout mon matos photo pour immortaliser tout ça. Inconnu à l’époque, il n’y avait pas eu moyen de placer la moindre tof de ce kid dans un mag’. Tu m’étonnes : des tofs dans un park couvert, en bois, tapant des frontsides stand-up grinds en wallrides, qui cela pouvait-il intéresser ?

Tu crèches où ?
J’habite dans le vieux Tours, à deux pas de la place Plumereau. Un excellent piège : des bars et des concerts.
C’est ici que t’as découvert le bout de bois à roulettes ?
Non, j’ai découvert le skate à Valenciennes, au collège comme beaucoup. Et depuis mes 12 piges, je traîne dans la rue avec ma board. Je trouvais que skater était un truc différent, une activité physique certes, mais pas seulement. Dans le skate, tu n’as ni entraîneur ni horaire. Tu rencontres plein de personnes d’univers et d’âges différents. Quand tu es kid, tu commences par beaucoup bouger dans ta ville. Puis cela t’amène à découvrir d’autres spots, donc à voyager vers d’autres villes, puis de nouveaux pays pour rider encore de nouveaux spots. Aujourd’hui, j’ai 18 ans et le skateboard m’apporte beaucoup dans la vie !
Comment es-tu arrivé à gérer un shop et, parallèlement, une carrière de bouffeur de ledges et de rails, tout en poussant et structurant la scène locale ?
En fait, tout s’est fait assez rapidement. A 13 ans, j’ai déménagé à Tours. Il y avait là un park couvert avec des rampes, des petits rails et tout. C’était parfait pendant l’hiver (Rider Land R.I.P). J’y ai passé pas mal de temps. Puis j’ai commencé à faire quelques contests avec Julien Merour, de La Rochelle. On s’est bien bougés, puis des marques m’ont contacté. J’aime skater de tout ! Ça me ferait vraiment chier de ne skater que des rails et des ledges. Ça m’arrive de skater aussi des trottoirs pour triper. Puis je kiffe beaucoup la courbe ! Quant à l’histoire du shop, c’est simple : ma mère n’avait plus de taf et vu qu’elle a des pépins de santé, elle ne pouvait plus exercer son métier de prof de patinage artistique. L’idée d’ouvrir un shop nous traversait l’esprit depuis une année. Nous avons donc franchi le pas, puis nous avons mis deux mois à monter le shop. J’avais déjà les contacts avec des marques. C’est cool de bosser avec ses sponsors. Du coup, dans le shop, ma mère s’occupe de pas mal de paperasse et de notre asso’ (l’Assoc’ Tomate) qui sert à organiser des contests et à refaire un skate park correct pour les kids. Ensuite, nous avons un gros projet de pool pour les années à venir…
C’est cool d’avoir un job qui participe à faire la promotion du skate ! Après, c’est clair que j’étais plutôt dégoûté quand j’ai vu qui était derrière le bizness actuel : des gars qui exploitent l’image des skateurs, etc. mais bon ! C’est partout pareil : dans n’importe quel bizness tu as des bâtards…
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« L’Assoc’ Tomate », « Skate Pistols », d’où viennent ces noms ?
« L’Assoc’ Tomate », c’est Rémy – mon ancien colloc’ – qui a trouvé le nom et il en est le président. « Skate pistols » c’est moi qui l’ai trouvé car j’avais un vinyle des « Sex’ » au-dessus de mon lit… et j’ai fait un lapsus un matin difficile !
T’es pas un peu jeune pour faire tout ça en même temps ?
C’est vrai qu’il y a pas mal de choses à gérer… Mais bon… Ne faire que du skate et des voyages, c’est de la balle, c’est certain. Mais avoir un taf en plus, c’est encore mieux pour l’avenir. Car je n’avais pas de diplôme et je voulais continuer de skater à donf. Tu sais, sans skate, je deviens très vite stressé. Donc là, je gère les deux simultanément : j’ouvre le shop à 10 heures et dans l’après midi, je pars skater. Heureusement que j’ai une mère cool qui sait ce que c’est d’avoir une passion !
Comment ça se passe quand tu pars en tournée ? Tu fermes la boutique ?
Ma mère tient la boutique et mes potes donnent un coup de main. Puis mon frère l’aide aussi. C’est tellement mieux le travail en famille. L’année prochaine, j’aurai certainement une jolie vendeuse.
Ton dernier trip t’a fait visiter quelles contrées ?
Avec Antiz, nous sommes partis au Pays Basque, puis en Italie. Je suis vraiment content de skater avec eux, car ça fait longtemps qu’ils skatent à fond ! Les Juju, Hugo, Dykmans, Steve Forstner. Ils déchirent tous. On filme également pour la nouvelle vidéo Antiz.
Vous semblez être gavés de spots dans ta région. Qui gère le mieux cette partie de chasse ?
Les « Skate pistols » s’occupent de fouiner notre belle région tourangelle, toujours à la recherche du spot de rêve. Mais on n’a pas à se plaindre : on a de pires spots. Rien qu’avec le team « Skate pistols », on défonce tout : les frères Dezecot, Flo’ Boutin, Joseph Longé, Julian Furones pour le grip, Alexis Greusard, Yanush Piotrosky, Rémy Poncet, Julien Merour la dernière recrue et Samich Partaix… on s’amuse !
C’est vrai qu’il y a du niveau ! Joe, Rémy, Julien (entre autres) n’hésitent pas à envoyer du lourd…
C’est clair : nous avons une bonne équipe d’acharnés, été comme hiver nous sommes toujours motivés, comme Joe dimanche dernier. Le samedi soir, nous étions dans un état second (plutôt bourrés), puis Joe c’est mis à mal parler, genre : « Demain, je tape le ledge, puis le drop de la bibliothèque (gros spot) », etc. Résultat : il a tapé ses trois hammers le dimanche avec la gueule de bois et quand je suis arrivé à 14 heures, il avait déjà rossé les trois spots. Rémy, lui il skate à sa manière : il se trip avec sa planche et invente ses tricks tandis que Jul’ « Merdur » est carrément trop tech avec ses late machins !
10 skateurs sponsorisés par un seul shop, ce n’est pas un peu trop ?
A vrai dire, il y en a qui sont déjà sponsos et qui me demandent juste du grip et un tool, comme Furones. Puis ils n’abusent pas : ils prennent uniquement ce dont ils ont vraiment besoin.
Bon, revenons à ta façon de skater. T’es plus dans le hammer que dans le tech ?
Je sais pas… Ouais, plutôt dans le hammer. Mais j’aime bien skater un bon curb, après c’est clair : je ne passerais pas plus d’une heure à faire des wheelings ! J’aime tout skater en général.
Dans cette manière d’approcher le skate, je dirais que tu as su faire un savant mélange d’oldschool, de tech, de gros… Bref, quelque chose de difficilement qualifiable. En plus, tu y ajoutes de la fluidité et de la speed. Quelles influences t’ont fait prendre cette voie-là ?
En fait, j’ai commencé le skate dans la rue. Puis par la suite, j’ai fait un peu de courbe et comme j’adore aller vite… Je préfère regarder la vidéo Thrasher « Beer Helmet » à celle que Max’ (Maxime Génin, NDR) m’a montrée hier soir… ils sont tous trop forts, il n’y a pas à chier ! Mais ce sont les mêmes tricks et les mêmes spots. On dirait des clones avec leurs « new era » et leurs Ipods. Ça ne me donne pas envie d’aller skater… tandis que la vidéo de Pontus, par exemple, elle te met un pied au cul !
Entre un gros ledge rugueux et un bon vieux ditch, tu choisis quelle option ?
Le ledge et après le ditch !
Courbe bétonnée ou double set de marches ?
Courbe béton, bien sûr !
Le fait de te retrouver à rouler avec des gars comme Hugo Liard ou Alexis Jauzion, ça doit enrichir encore plus cette approche, non ? De quelle(s) manière(s) ?
C’est clair ! Ces gars-là, ils sont trop forts : ils maîtrisent. Et en plus de déchirer toujours autant, ils sont très humbles avec tout le monde. Je souhaite à tout skateur de les rencontrer un jour…
Raconte-moi un peu ton trip au Danemark…
Alexis (Jauzion, NDR) m’appelle pour un trip bowl à Copenhague, avec David « Martopikeur ». Je n’ai pas hésité une seconde, sachant que je n’avais jamais fait un contest de bowl ! Et le pire, c’est que Tony Alva, le Z boy, était parmi les juges… Puis « Cristiana », c’est incroyable. J’ai envie de retourner là-bas : c’est l’endroit parfait. Puis les filles… ouf ! Encore merci, Alexis.
Traîner au bar avec des légendes comme Tony Alva, ou rouler avec Söoren Aaby et Nicky Guerrero, ça a eu l’air de t’émouvoir un peu ?
C’était fou ! Surtout que l’on s’est fait détruire au baby-foot. Ces gars-là sont toujours aussi cool et Nicky, il défonce le pool. J’ai aussi rencontré Albert, d’Alis. Super cool les Danois (es) ! Et il y avait des gars tellement incroyables en courbes…
Les U.S. ?
Je bouge en septembre, en Oregon, avec Antiz et Yama skateboard peut-être. On va se faire les grosses pools en béton, que du bonheur en perspective !
Parles-nous un peu de cet autre projet : la vidéo de ton shop.
Ça aussi, c’est un projet supplémentaire qui avance bien. On bosse donc également sur notre vidéo : elle devrait sortir entre septembre et décembre. C’est du bon ! Mes potes ont acheté une Canon XM2 et là, on se met à filmer à donf ! Puis on se motive pas mal pour bouger sur Poitiers, au Mans et bientôt à Bourges. On va sûrement bouger pour la coupe de France à Rouen, avec les « Skate pistols ».
Tout cela participe pas mal à activer la scène locale. Le fait d’accumuler ces différentes responsabilités, cela ne mine-t-il pas trop ta motivation ?
J’avoue que parfois le bizness me casse les couilles, mais je fais la part des choses et le skate n’a rien à voir avec ça. Quand je skate, je ne pense pas à tout ça ! Je pense juste à skater tranquille, à m’amuser quoi.
En tant qu’arrière-petit-fils d’un champion olympique de 2 roues, te voies-tu un jour sur un podium aux J.O. et ajouter une seconde médaille à ton patrimoine familial ?
Je ne passerais pas le contrôle anti dopage. Puis à l’époque de mon arrière-grand-père, les JO représentaient vraiment quelque chose de fort. Aujourd’hui, je pense que c’est du bizness et de la magouille.
Le skate, c’est quoi pour toi : une drogue dure, une belle femme insoumise, une illusion créée de toutes pièces par un marketing calculé, un rêve transformé en cauchemar, une fiction devenue réalité, THPS dans la Matrix ?
Bah ! C’est plein de trucs ! Une drogue dure qui m’apporte plein de bonnes choses…
Vivre du skate pour un Français, c’est facile quand on est bon ou c’est tendu ?
C’est tendu, quand même… Il faut se bouger, c’est tout…
Côté zik, tu te motives sur quoi avant de toucher le spot ?
Slayer, les Yeah Yeah Yeahs…
La plus belle chose que le skate t’ait apportée ?
Bah, pas d’meufs… mais des voyages, des fiestas, pleins de rencontres et de bonnes sessions…
La plus laide ?…
Que dalle ! Y’a rien de laid dans le skate !


Remerciements : Mamounette, toute ma famille, mes sponsors (Antiz skateboards, Doble wheels, Eastpak, Vans shoes), tous les skateurs de Tours, Wood Structure, Rico, Rémy, Rock my dog, Loïc, Hugo, Julien, Olive, Les Dezecot, Nico Malinowski, Alexis, Arnaud, Damien, Bandalero. In Skate Pistols we Trust…

Une Réponse to “HEADS : SAMUEL PARTAIX”

  1. dbpyo Says:

    Good site!!!

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