Thasher 28 : Workaholic en version longue

by

Hep, ça ne vous à pas suffit de tout savoir sur Seb « Paco » Raban dans le tout dernier numéro, voilà du bonus :

Sébastien “Paco” Raban

Évoluer dans l’industrie du skate en fait rêver plus d’un parmi vous. Que ce soit en préparant un B.E.P. vente en skateshop ou en tant que boss d’une marque à échelle mondiale, il faut avouer que ça a de quoi motiver ! Chaque mois, nous vous présentons l’itinéraire et l’actualité de ceux qui, comme vous, ont eu ce souhait ; et ont su le réaliser. Ce mois-ci, Sébastien Raban, dit “Paco” nous en dit plus sur son parcours, son actualité, très riche, sur les contraintes mais aussi les avantages de pouvoir garder sous les pieds une board tous les jours de l’année et d’en vivre !
K.

Alors tu viens de nous préparer un petit bébé, “quoi qu’est-ce” ?
Après une période un peu creuse, je suis retourné vers une de mes aventures préférées, la vidéo de skate. Et cette fois pas des moindres, puisque j’ai eu l’occasion de réaliser la première vidéo de skate Vans. Une vidéo où l’on traverse les époques du skate au fil des parts des rideurs.
Combien de temps vous a pris le projet ?
Une année. Ça peut paraître long pour un kid de 10 ans (un dixième de sa vie) mais pour faire une vidéo de skate, c’est en fait très court. Une grosse production, c’est plutôt 2 ou 3 années de filming. Les rideurs auraient aimé avoir plus de temps, je sais comme ça peut être frustrant pour eux, surtout si durant cette année, ils se blessent ; mais chacun a donné son maximum et en courant un peu, on y est arrivé.
Quel est l’enjeu pour Vans d’une telle vidéo ?
Je pense qu’il était important de montrer le coté authentique de la marque. Vans est une des seules marques, voire la seule marque, présente depuis le début du skate jusqu’à nos jours. C’est une marque qui depuis toujours investit dans le skate. Je pense que c’est une des raisons de son succès.
Et pour toi ?
Déjà la satisfaction de se lever chaque matin pour faire ce qu’on aime c’est l’une des meilleures choses dans la vie, non ? Et puis forcément, c’est une opportunité de taille pour quelqu’un qui aime le skate et son histoire. Pouvoir traverser les époques du skate, en présenter son évolution point de vue matos, tricks, spots ou fringues, musique ou même question filming, c’est quelque chose que j’ai toujours eu envie de faire. En plus, on s’est bien marré pendant le tournage. Demander aux rideurs de refaire le trick, mais en beaucoup plus crade tout en essayant de volontairement mal filmer, c’était vraiment drôle pour tout le monde.
Présente nous rapidement les intervenants dans ce projet, des rideurs aux réalisateurs etc.
Avant tout les rideurs : Chris Pfanner, Ross McGouran, Hugo Liard, Sam Partaix, Danny Wainright, Flo Marfaing, Tomas Vintr, Madars Apse, Ignacio Morata et Kris Vile. J’ai eu la chance que ce team soit vraiment éclectique : du gros, du tech, de la transition, du hardrock, du hip-hop. Ça permet d’avoir des choses qui s’enchainent sans se ressembler et aussi que chacun y trouve son compte en regardant la vidéo.
Ensuite il y a Karin Muehlemann qui nous chapeautait. Karin, c’est le “final call”, quand on veut faire un truc, c’est elle qui nous dit oui ou non, et une fois qu’elle a dit oui, c’est elle qui va tout mettre en œuvre pour qu’on ait les moyens de réaliser les projets. Le “T.M.” alias Team Manager alias Alexis Jauzion. Alexis… c’est réducteur de dire qu’il est juste T.M., il est celui qui dit toujours “Oui, c’est possible, on va y arriver, t’inquet’.” Celui qui résout tous les problèmes, nous sort de toutes les galères et surtout celui avec qui j’ai réalisé cette vidéo. Disons que nos rôles de team manager pour lui et de réalisateur/concepteur pour moi se sont un peu entremêlés. Je l’ai aidé dans son rôle comme j’ai pu et lui a activement participé au concept et à la direction du projet. Et bien sûr Mr Percy Dean, photographe de son état qui était avec nous sur tout le tournage. Quelqu’un avec qui j’ai kiffé de bosser, quelqu’un qui a beaucoup d’expérience et de bonnes idées.
Combien de fois ton passeport a-t-il été tamponné pour ce projet ?
Alors que je reprenne dans l’ordre, Abu-Dhabi et Dubaï avec presque tout le team, ensuite un petit coup de Barça, (pas de tampon pour Barça, merde !). Ensuite nous somme allés à Hong-Kong et Dongguan (Chine) avec Nacho, Chris et Kris pour filmer le début de l’intro à l’usine Vans. Puis avec tout le team nous sommes allés à Cadiz, au sud de l’Espagne. Peu après nous nous sommes embarqués dans une tournée “Around Barça”. Nous dormions à Barcelone, mais nous avons uniquement ridé les villes aux alentours (Mataro, Terrassa). Ensuite en route vers les Etats-Unis, plus précisément à L.A. puis S.F. avec Ross, Sam, Danny et Chris. Si je me souviens bien, vient ensuite le trip à Prague pour filmer la suite de l’intro dans l’entrepôt où transitent toutes les chaussures Vans en Europe, puis la fin de l’intro à Bristol dans le shop de Danny Wainwright. Nous voilà déjà au mois de juillet avec un trip de deux semaines à Paris et enfin retour à…Barcelone ! Je sais, c’est pas très original mais bon, on avait bien éclaté le budget alors c’était encore la meilleure option. Bref, plein de tampons sur mon passeport en effet !
Ce n’était pas un rêve de, non seulement réaliser une vidéo pour Vans, mais aussi d’aller dans l’usine ? Sans parler de rencontrer sieur Van Doren et bien sûr le team européen ?
Effectivement, ça a été l’occasion de beaucoup de rencontres, de souvenirs, d’endroits, mais aussi de galères. Et l’expérience d’aller dans cette usine et de voir une chaussure partir de rien, voir chaque étape c’était vraiment impressionnant.
Et bien sûr, la chance d’écrire et de réaliser un vrai projet pour Vans.
C’est le moment de lâcher du dossier, donne-nous une anecdote bien fumante du tournage ?
Il y a surtout eu des anecdotes de timing, par exemple à Los Angeles on devait filmer l’intro de Ross dans une pool. Coup de chance, Ross rencontre Hosoi par hasard qui nous invite à Chicken pool ! Une fois là-bas, le-dit “Chicken” nous prête une board d’époque à la place de la réédition que j’avais prévue pour son intro. Parfait quoi !
Quel a été ton plus gros challenge lors de ce projet ?
Je pense que le plus dur pour moi a été de suivre un des objectifs de la vidéo : pouvoir aussi bien être regardé par des gens qui ne font pas forcément de skate que par des gens 100% hardcore. La plupart du temps, quand on essaye de faire ça, ça ne plait à personne. Soit les gens qui ne skatent pas sont saoulés au bout de 5 min, soit les skateurs trouvent qu’il y a trop de pigeons “arti” et pas assez de skate.
Donc je pense que d’essayer de toucher plusieurs publics c’était le plus gros challenge.
Depuis combien de temps travailles-tu pour Vans et surtout comment es-tu arrivé à travailler avec eux !
J’entame ma troisième année avec eux, pour le skate et le snowboard en Europe.
Je suis arrivé là-bas pratiquement en même temps qu’Alexis, Vans était en plein remaniement et cherchait un cameraman pour le skate, j’ai fait un tour avec eux en Suisse, j’imagine que j’étais OK pour le team et pour les boss parce que trois ans plus tard, j’y suis toujours. La première année nous avons mis en place les podcasts vidéo sur le site, nous avons fait quelques démos et surtout un tour d’un mois à travers l’Europe appelé le “Roll with us tour”. À la fin de cette année, je me suis aperçu que l’on avait une heure d’image, alors j’ai dit à Alexis qu’un projet vidéo était vraiment faisable, ce que nous avons fait cette deuxième année.
As-tu toujours le temps de te concentrer sur d’autres projets, skate et autres ?
Je filme peu pour d’autres marques de skate, j’ai pas trop le temps mais sinon je filme aussi du poker pour Winamax, on peut penser que c’est très différent mais il y a beaucoup de points communs en fait.
À quoi ressemble la vie d’un vidéaste, réalisateur, team manager par intérim, le tout en indépendant ?
Ça ressemble à un mal de dos avec des cernes ! À la fin, j’étais tellement au bout du rouleau que je sentais mon cerveau marcher au ralenti. Tu dois penser à beaucoup de trucs en même temps, les semaines se transforment en jours, t’as presque pas de temps pour ta copine, ta famille, tes proches. Mais être très actif dans quelque chose que tu kiffes ça a beau être fatiguant sur tous les plans, c’est très enrichissant et ça pousse vers l’avant.
Quels sont les 3 points positifs d’évoluer avec une telle société ?
Bosser pour une marque qui a plus de moyens permet de pouvoir faire les choses différemment. Travailler avec une grosse boite qui entretient un esprit skate depuis 40 ans c’est pas tous les jours non plus que ça arrive. L’occasion de rencontrer beaucoup de gens et de voyager un peu partout.
Quels sont les revers de la médaille ?
Les mauvais cotés d’une grande entreprise sont toujours les mêmes et Vans n’y échappe pas. Mais on ne peut pas avoir le beurre et l’argent du beurre.
Combien d’heures par semaines consacres-tu à ton boulot ?
J’en sais rien moi ! Y’a pas d’horaires. Quand tu vis skate et que tu bosses skate la limite entre ton taf et ta vie à toi est plutôt floue. Donc je dirais soit tout le temps parce que tu es dedans en permanence, soit jamais parce que quand tu fais ce que tu kiffes, c’est pas vraiment du travail.
Workaholic assumé donc ! Quel est le meilleur conseil que tu aies reçu dans ta carrière ?
J’ai eu plus d’un bon conseil, mais le truc, c’est surtout de les appliquer, mais si je devais en retenir un ce serait celui d’Affif Belakdar : “Ne te laisse pas être sous-payé, ça rabaisse ton travail.”
Ce n’est pas évident comme job, surtout au début, parce que tu es jeune, plus ou moins tout seul face à des grosses structures et les gens avec qui tu deales peuvent facilement profiter du fait que tu es passionné et nul en business pour te demander un maximum en te payant un minimum. Donc tu apprends à ne pas te laisser faire, à dire non. Bref si tu veux pouvoir en vivre, il faut aussi progresser en négociation, c’est triste mais c’est comme ca.
Quel a été ton cursus scolaire et universitaire pour en être là aujourd’hui ?
J’ai Bac moins 2 ! J’ai arrêté l’école en seconde. Je suis allé faire des saisons de snow à Avoriaz, j’ai commencé à filmer là-bas avec Nicolas Droz, Steph Lochon, Greg Poissonnier et bien d’autres. Du snow l’hiver et du skate l’été. J’ai toujours aimé passer de l’un à l’autre car ça donne des idées, ça élargit les influences.
Quels sont, concrètement les projets que tu vas mener ces prochains mois ?
Je crois qu’il va y avoir pas mal de premières de la vidéo en Europe, donc je vais commencer par aller à quelques-unes et puis cette année, on va essayer de faire plus de contenu interactif sur le site mais je peux pas vous en dire plus pour l’instant…
Si tu n’avais pas pris le parti de d’investir dans le skate business, qu’aurais-tu comme activité aujourd’hui ?
J’ai rencontré le skate quand j’avais 10-12 ans et depuis toute ma vie a été influencée par cette relation. Donc si j’avais eu une autre vie, je n’en sais rien… pompier ou astronaute !
Si tu devais tout refaire que changerais-tu ?
Tout refaire ? Je ne changerais pas grand chose je pense. Je suis bien là où je suis. J’en profite juste pour remercier ma copine qui m’a supporté dans tous les sens du terme pendant cette période. »

Une Réponse to “Thasher 28 : Workaholic en version longue”

  1. Skinny Says:

    Bonjour je voudrais savoir s’il serais possible de visioner la vidéo dont parle seb raban et si oui sur quelle site. merci

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s


%d blogueurs aiment cette page :